Intelligence économique entre offensive et défensive, l’équilibre clé de la compétitivité d’une entreprise
Le concept d’intelligence économique selon lequel il faut maîtriser les flux d’information pour être compétitif s’affirme. Conscients des menaces et des opportunités que génère la gestion de l’information, les industriels de la Mecanic Vallée ont répondu présents à l'invitation d'Aveyron Expansion qui recevait en collaboration avec les établissements Bosch à Rodez, le 7 décembre dernier, François-Bernard Huyghe, spécialiste en la matière. L’idée étant, pour une compétitivité accrue de l’Aveyron, de sensibiliser les entrepreneurs à la nécessité de manager l’information et la connaissance ainsi que de protéger leur patrimoine informationnel et leur savoir.
Une intelligence économique à double tranchant
Apparue en France en 1994, la notion d’intelligence économique évolue. A ses débuts, selon le rapport Martre, il s’agissait de « recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques », dans le respect de la légalité afin de ne pas être confondu avec l’espionnage industriel… François-Bernard Huyghe, Docteur d’État en Sciences Politiques habilité à diriger des recherches en Sciences de l’Information et Communication, intervenant à H.E.C. et l'E.N.A., expert en sociologie des médias explique que la mondialisation et l’hypercompétitivité qui en découle, l’avènement des T.I.C., l’économie du savoir, le développement des mouvements dits de société civile ont conditionné l’intelligence économique. Mieux s’informer pour mieux attaquer mais aussi mieux se protéger pour mieux se défendre, c’est « développer une nouvelle intelligence de l’économie dans le jeu de la puissance, de l’influence, du conflit, des valeurs… ».
Une coopération nécessaire entre l’Etat et les entreprises
En 2003, le rapport sur l’intelligence économique du député Carayon met en exergue le problème de coopération entre l’Etat français et les entreprises hexagonales autour de trois composantes :
- la maîtrise du patrimoine scientifique et technologique à protéger en priorité
- la détection des menaces et des opportunités par l’acquisition de l’information utile à la décision économique
- des politiques d’influence au service de l’intérêt national et/ou de l’entreprise.
Le public et le privé doivent concourir ensemble à ces actions, en s’appropriant le concept et les pratiques d’intelligence économique.
L’acquisition d’une culture stratégique de l’information passe par la prise de conscience de la « désirabilité » de l’information mais aussi de sa vulnérabilité et de sa « redoutabilité », comme l’indique François-Bernard Huyghe en fin de conférence, et ceci dans un monde où tout ou presque est disponible "on line"...
Pour plus d'infos
|