Agrimip communique sur l’innovation en Aveyron
Le 18 novembre dernier, le pôle de compétitivité Agrimip Innovation « faisait escale » en Aveyron au lycée de La Roque, à l'invitation de son Vice-Président, Daniel Segonds et d'Arnaud Viala, Président d'Aveyron Expansion relai départemental du pôle, sur la thématique des emballages innovants en agroalimentaire. L’occasion de rappeler aux acteurs économiques du département (chefs d’entreprises, institutionnels…) mais aussi aux étudiants en agroindustrie présents, l’ambition du pôle de compétitivité concerné, en présentant notamment certains projets labellisés : Sativa Muris, Neofertil, Roquefort’in, Vegepack.
« Un pôle de compétitivité est une combinaison - sur un espace géographique donné - d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche publiques ou privées engagés dans une synergie autour de projets communs au caractère innovant. » a expliqué Patrice Roché, directeur du pôle de compétitivité Agrimip Innovation. Au vu des performances agricoles et agroindustrielles de Midi-Pyrénées, la région avait vocation à développer un pôle de compétitivité en la matière. En témoignent, 3 ans après, les résultats du pôle : 157 projets labellisés ou agréés, 350 millions d’euros d’investissements dont 154,8 millions de subventions sollicitées et 27,5 millions de subventions FUI (Fonds Unique Interministériel) obtenues, 135 entreprises concernées dont 111 PME, 78 organismes de recherche et de formation intéressés et 14 projets acceptés en FUI. En adhérant à Agrimip, les entreprises bénéficient d’un réseau et d’un accès à des sources de financement pour leurs projets afin d’aborder de nouveaux marchés, de nouveaux produits, de nouveaux avantages compétitifs. Ainsi au travers de l’innovation, Agrimip et ses relais départementaux, augmentent la valeur ajoutée des entreprises, confortent le leadership de la région sur les ovins (lait, viande, fromage) et sur la filière tournesol (semences, intrants…), développent l’attractivité de Midi-Pyrénées et créent des emplois.
Quelques exemples de projets
Le projet Sativa Muris, labellisé en juin 2009, par Agrimip consiste à développer un système constructif innovant sur base de chanvre, d’éco-liant et d’éco-enduit.
Neofertil, labellisé en avril 2008 dans le cadre du FUI, concerne la production de biofertilisants pour contribuer à une agriculture durable et environnementale.
Le projet Roquefort’in, labellisé en avril 2009 également dans le cadre du FUI, est un programme de recherche axé sur la détention des caractères génétiques d’intérêt prédisposant l’aptitude des brebis à la monotraite et à l’entretien de la lactation. Il mise sur l’utilisation des dernières découvertes de la génomique ovine pour concevoir et maîtriser durablement un schéma de sélection afin de contribuer à un regain de compétitivité et d’attractivité pour l’ensemble des acteurs de la filière, éleveurs et industriels laitiers. Participent à ce projet la Confédération Générale des Producteurs de Lait de Brebis et des Industriels de Roquefort, Ovitest, Unotec, EDE81, Upra Lacaune, Institut de l’élevage mais aussi la Station d’Amélioration Génétique des Animaux, l’INRA, le CIRAD, Sup-Agro Montpellier, la ferme de la Cazotte du lycée agricole de Saint-Affrique.
Vegepack a pour objectif de développer un nouvel emballage rigide biodégradable, compostable, 100% d’origine renouvelable, à propriété barrière spéciale pour la conservation de denrées alimentaires à date limite de consommation et à date limite d’utilisation optimale. Cet emballage est la réponse à la demande des industriels de l’alimentaire soucieux de la valorisation des déchets de leurs produits et à l’écoute des consommateurs sensibles à la protection de l’environnement. Ce projet réunit tous les acteurs de la chaîne de valeur : producteurs de matières végétales, fabricants d’agromatériaux, producteurs agroalimentaires (dont Arcadie) et fabricants de compost ; ce qui permettra à la fin du projet de tester et démontrer à échelle industrielle le cycle de vie complet du nouveau produit d’emballage.
Quelles évolutions (technologiques et marketing) anticiper pour les emballages alimentaires ?
Aurélie Lucan, chef de projet technologies au CTCPA (Centre Technique de la Conservation des Produits Alimentaires) a présenté l’innovation packaging des produits alimentaires ces dernières années. En 2007, 70% des nouveaux produits étaient accompagnés d’un packaging innovant notamment en termes de design et de fonctionnalité/praticité, l’innovation produit et l’innovation emballage étant indissociables. L’innovation des produits alimentaires s’est dernièrement axée sur la sophistication, la variété des sens, la naturalité et la manipulation du produit donnant toujours plus de plaisir, de « santé » et de praticité au consommateur dont le comportement et le mode de vie évoluent : structure de la famille, niveau de vie, habitudes de consommation… On consomme désormais directement dans le packaging, de la nourriture prête à consommer, des plats faciles à préparer, réchauffables, sur le pouce, on grignote… Le consommateur a aussi de nouvelles exigences de sécurité, praticité, lisibilité d’information (traçabilité, nutrition…), naturalité… Ce sont autant de constats à prendre en compte dans l’élaboration d’un packaging au lancement d’un produit. Ainsi sur le marché sont apparus des formats individuels, des produits appertisés, des emballages micro-ondables, auto-chauffants, à maintien vertical, de cuisson, actifs/intelligents (absorbeur d’oxygène…), biodégradables, compostables… Des axes d’innovation qui nécessitent technicité et marketing pour répondre aux attentes du consommateur.
Daniel Segonds, Vice-Président délégué du pôle et Président du Directoire de RAGT, conclut : « les pôles de compétitivité ne sont ni des machins, ni des machines. Notre rôle est de faire germer des projets de recherche public et privé associés, de les expertiser, de les labelliser et de trouver des financements auprès de l’Etat et des collectivités ».
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